"Comment raconter l’absence, comment expliquer l’abandon ? Ces deux inquiétudes intimement liées sont présentes dans le projet “Intramuros” de Patrick Smith. La série de photographies réalisées à Paris, durant l’hiver, sur les conditions de vie des personnes sans domicile fixe, décrit les anomalies d’une géographie urbaine, de différents espaces publics altérés par des éléments presque invisibles, des traces d’une réalité souvent ignorée qui constitue cependant l’essentiel des préoccupations personnelles et visuelles du photographe. Devant une série d’indices à peine discernables, le spectateur est confronté à une réalité métaphoriquement signifiée. Smith prend fait et acte, mais refuse de montrer une image dramatique ou une preuve de misérabilisme. Bien que dérangeantes, ces images ne racontent pas une histoire de misère mais sont plutôt des signes des aléas de la vie. Moulés, des fragments de vie sont juxtaposés à une architecture banale. Le mimétisme, où les reliques d’un habitat précaire se confondent avec le paysage, est une constante qui favorise la révélation de complicités mystérieuses entre des mondes généralement opposés."

Chantal Grande, présidente du jury, Prix HSBC de la photographie 2009